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LES JUSTICIERS LGBTQI+

Nous agissons en justice contre les propos, les violences et les discriminations LGBTphobes

Communiqués de presse

Ce mercredi 15 janvier 2025, le blogueur Bassem Braïki, ainsi que quatre autres militants d'extrême droite ont été condamnés pour
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu ce jeudi 9 janvier 2025 une décision historique en matière
Communiqué de presse - Paris, le 18/12/2024 Les associations Mousse, Familles LGBT et Stop Homophobie déposent plainte aujourd'hui contre la
Communiqué de presse - Paris, le 12/12/2024 Cinq associations de défense des droits LGBT+ – Stop Homophobie, Mousse, Adheos, Familles
Communiqué de presse - Paris, le 12/11/2024 Bassem Braiki et plusieurs militants d'extrême droite seront jugés le 13 novembre 2024
Tribune - Paris, le 08/10/2024 Pour un ensemble d'associations LGBT+, les récents propos du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui

Qui sommes-nousse ?

Mais qui sont les justiciers LGBT+ ?

L’association Mousse a été créée en 2000 avec comme objectif la défense de toutes celles et tous ceux qui vivent librement leur sexualité, la reconnaissance du couple homosexuel et, plus largement, la lutte contre toutes les formes de discriminations sociales, politiques ou économiques à l’encontre des lesbiennes, gays, bi et trans.

L’association défend le droit à une sexualité libre et égale dans toutes les dimensions de la vie sociale et politique. Elle affirme la prééminence du choix individuel. Elle promet enfin un modèle d’organisation familiale ouvert et non patriarcal fondé sur l’émancipation de chacun.

Aujourd’hui, l’association souhaite s’impliquer plus avant dans la lutte contre toute forme de discrimination liée au sexe, au genre ou à l’orientation sexuelle, en agissant en justice contre les auteurs de propos, de violences ou de discriminations LGBTphobes.

Nos sites web LGBT+

Famille-LGBT.com

Mousse met à votre disposition sous licence libre de nombreuses informations pour créer une famille LGBT+ qui vous ressemble ! Nous vous expliquons différentes possibilités de parentalités LGBT+ (PMA, GPA, adoption, don de sperme, coparentalité, trouple…). Nous abordons également la question des unions entre personnes LGBT (pacs, mariage, troupe, union libre…).

Mousse met à votre disposition sous licence libre toute la documentation juridique pour agir en justice et créer une association d’intérêt général contre les discriminations LGBTphobes. Vous trouverez notamment sur notre site des modèles de plainte et des modèles de statuts d’association, que vous pouvez librement télécharger, modifier, réutiliser et republier.

Un-Monde-Sexiste.fr

Le site Un-Monde-Sexiste.fr permet d’afficher et de décompter en temps réel les insultes et jurons sexistes sur Twitter. « Pute », « salope », « mégère »… Un-Monde-Sexiste.fr met en évidence l’omniprésence du sexisme sur les réseaux sociaux. Ce flot d’insultes incessant constitue la partie visible d’un système idéologique hiérarchisant, qui va de l’insulte à l’agression physique en passant par la discrimination.

Conçu comme un miroir social, Nohomophobes.fr permet d’afficher et de compter en temps réel les insultes homophobes sur Twitter. Ce site permet de visualiser la fréquence de l’emploi de propos homophobes dans le langage courant. Des termes comme « pédé », « gouine », « tapette » ou « tarlouze » sont très souvent utilisés, notamment chez les adolescents, sans conscience de leurs effets néfastes sur les personnes LGBT+.

Contact

Mousse est une association de loi 1901 reconnue d’intérêt général. 

Par courrier

Association Mousse
63 rue de Beaubourg 75003 Paris France

Par Téléphone

+33.1.85.08.34.89

Communiqué de presse. Paris, 15 janvier 2025.

Ce mercredi 15 janvier 2025, le blogueur Bassem Braïki, ainsi que trois autres militants d’extrême droite ont été condamnés pour injure et incitation à la la haine et à la violence homophobe par le Tribunal correctionnel de Paris. Ils avaient participé à une campagne de haine d’une grande violence envers Bilal Hassani, qui avait été contraint d’annuler son concert pour des raisons de sécurité.

Une campagne de haine ayant contraint Bilal Hassani à annuler le concert

La polémique avait démarré le 28 mars 2023, lorsque le collectif « Lorraine Catholique » avait appelé à la mobilisation contre le concert de Bilal Hassani, prévu dans une ancienne basilique reconvertie en salle de spectacle à la Cité musicale de Metz. Cet appel, rapidement relayé par des groupuscules et personnalités d’extrême droite, avait entraîné une vague de propos haineux.

Parmi les figures de proue de cette campagne, Bassem Braïki, alias « Bassem », avait publié une vidéo expliquant la marche à suivre « Bah on les détruits, on les détruits comme ça au pire des cas le meilleur souvenir qu’on aura de cette basilique c’est d’avoir vu des gens prier, pas d’avoir vu un Zinzin de l’espace faire un concert« .

Certains activistes d’extrême droite avaient incité leurs partisans à acheter des billets pour être présent dans la salle de spectacle. Le média en ligne StreetPress avait également rendu public des échanges de messages sur le canal de télécommunication Telegram dans lesquels des militants d’extrême droite avaient évoqué l’idée de commettre un attentat lors du concert.

4 personnes condamnées

Le Tribunal correctionnel de Paris a condamné Bassem Braïki à 50 € d’amendes par jour pour une durée de 60 jours pour provocation publique à la haine ou à la violence homophobe.  Trois autres internautes ayant participé à la campagne de haine ont été condamnés à des peines allant de 1 000 € à 1 500 € d’amende et un stage de citoyenneté de cinq jours pour des faits d’injures et de provocation à commettre un crime ou un délit en raison de l’orientation sexuelle.

Les personnes condamnées devront également indemniser Bilal Hassani, ainsi que les associations Couleurs Gaies, Stop Homophobie, ADHEOS, Familles LGBT et Mousse, engagées dans la lutte contre les discriminations envers les personnes LGBT.

Pour Me Étienne Deshoulières, avocat des associations, « cette décision est essentielle, car les discours de haine LGBTphobes ont des répercussions bien réelles, sur les violences physiques réelles exercées, mais également sur le bien-être psychologique des personnes visées. Le principe d’égalité implique que chacun puisse se construire et vivre sereinement, sans être visé par des discours de haine ».

CONTACT PRESSE :

Étienne Deshoulières, avocat au barreau de Paris

www.deshoulieres-avocats.com  – +33177628203

contact@deshoulieres-avocats.com

Communiqué de presse. Paris, 9 janvier 2025.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu ce jeudi 9 janvier 2025 une décision historique en matière de reconnaissance des droits des minorités sexuelles et de genre. Cette décision produit des effets directs impliquant de rendre facultatif le fait des cocher les cases « M. » ou « Mme » sur les formulaires. Elle ouvre également la voie à des avancées majeures pour les droits des personnes LGBT+, telles que la reconnaissance du sexe neutre et du mariage homosexuel dans les 27 Etats de l’Union européenne.

Discrimination des personnes transgenres, intersexes et non binaires

L’action de l’association Mousse reposait sur le constat initial que les personnes transgenres, non binaires et intersexes subissaient des discriminations au sein de la SNCF.

Les personnes transgenres sont des personnes dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe qui leur a été assigné à la naissance. Ces personnes représenteraient entre 0,1 et 0,3% de la population selon une étude de l’OCDE. Lors de leur transition de genre, les personnes transgenres disposent de documents d’identité qui ne sont pas concordants avec le genre dans lequel elles se présentent. Cette discordance a engendré à plusieurs reprises des expulsions de personnes transgenres des trains lors de contrôles opérés par des agents SNCF. Une passagère d’un Lyon-Paris a dû notamment s’acquitter de 227 euros d’amende parce que l’identité de genre figurant sur sa carte d’identité et son billet ne correspondait pas à son apparence physique.

Les personnes intersexes sont des personnes qui ne sont biologiquement ni des « mâles » ni « femelles » humaines. Il existe un large éventail de cas d’intersexuation. Les personnes intersexes représenteraient environ 1,7 de la population selon le Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU. Les personnes non binaires sont quant à elle des personnes ne se reconnaissant pas dans la catégorisation binaire du genre (femme/homme). La non-binarité concerne une part de plus en plus importante de la population française. Un sondage IFOP pour Marianne indique que 22% des 18-30 ans se définissent comme non-binaire.  Selon un sondage YouGov pour 20 Minutes, 6 % des Français se définissent comme non-binaire et 36 % des Français pensent que l’État devrait reconnaître un genre « autre » à l’état civil. Les personnes intersexes et non binaires sont contraintes, encore à l’heure actuelle, de choisir entre la case « M. » et « Mme » lors de l’achat d’un billet de train à la SNCF, alors que ces catégories binaires ne correspondent pas à leur identité de genre. Cette répétition quotidienne, dans les formulaires commerciaux et administratifs, des distinctions binaires dans lesquels elles ne reconnaissent pas contribue à nourrir un sentiment d’exclusion.

Plainte initiale contre la SNCF devant la CNIL

Mandatée par 64 personnes, l’association Mousse a porté plainte le 12 janvier 2021 contre la SNCF devant la CNIL en raison de la violation de deux principes essentiels du Règlement général sur la protection des données :

Principe de minimisation

Le principe de minimisation des données implique que les données à caractère personnel collectées soient limitées à ce qui est strictement nécessaire. Dans le domaine commercial, ce principe implique que les opérateurs ne peuvent pas contraindre leurs clients à leur communiquer des données personnelles qui ne sont pas nécessaires à la fourniture du service. Par exemple, un site web ne peut pas exiger qu’un internaute renseigne sa date de naissance pour acheter une place de concert. Pour Mousse, ce principe devait trouver application en matière de données relatives à l’identité de genre : la SNCF n’ayant pas besoin de connaître l’identité de genre des personnes pour fournir ses services de transport, elle n’a pas le droit d’obliger ses clients à cocher à la case « M. » ou « Mme » lors de l’achat d’un billet de train.

Malgré plusieurs demandes de Mousse avant de déposer une plainte devant la CNIL, la SNCF a refusé catégoriquement de changer ses formulaires. Cette position était d’autant plus contestable que des compagnies de transport comme la RATP et Deutsche Bahn avaient récemment décidé de rendre optionnelle la collecte de données relatives à l’identité de genre. Par ailleurs, l’attitude de la SNCF était incompréhensible au regard du fait qu’il est encore aujourd’hui possible d’acheter un billet de train en gare, sans avoir à indiquer son identité de genre.

Principe d’exactitude

Le principe d’exactitude implique quant à lui que les organismes doivent collecter des données exactes et les conserver à jour. Par exemple, si une personne change d’adresse, elle peut demander aux organismes concernés de modifier leur registre pour prendre en compte la nouvelle adresse. À nouveau, pour Mousse, la SNCF violait le principe d’exactitude en collectant des données inexactes relatives à l’identité de genre des personnes intersexes et non binaires.

En obligeant toute personne à cocher la case « M. » ou « Mme », la SNCF enferme en effet la diversité des genres dans un cadre binaire. La collecte peut alors se révéler inexacte pour plusieurs raisons : objectivement, les personnes intersexes ne sont ni des « mâles » ni des « femelles » biologiquement ; subjectivement, les personnes non binaires refusent une assignation genrée telle que « M. » et « Mme » ; juridiquement, certains citoyens néerlandais, allemands, autrichiens ou maltais ont d’ores et déjà opté pour une absence de mention de sexe l’état civil. Pour toutes ces personnes, les données d’identité de genre collectées via une case « M. » ou « Mme » sont inexactes.

Décision défavorable de la CNIL

Dans une décision du 23 mars 2021, la CNIL a considéré que la plainte de Mousse était infondée :

Renvoi par le Conseil d’État devant la CJUE

Mousse a alors contesté la légalité de cette décision en saisissant le Conseil d’État sur le fondement du Règlement général sur la protection des données (RGPD). Ce texte régit le droit des données personnelles de manière uniforme dans les 27 États de l’Union européenne. Il est directement applicable sur l’ensemble du territoire de l’Union.

Les traités de l’Union européenne prévoient un mécanisme particulier lorsqu’un texte européen présente une difficulté d’interprétation : le renvoi préjudiciel. Il s’agit d’un mécanisme permettant au citoyen de demander aux juges nationaux de renvoyer l’affaire devant la CJUE en posant une question visant à interpréter le texte. 

Dans l’affaire Mousse c/ SNCF, Mousse faisait valoir qu’il existait une difficulté d’interprétation du RGPD, lui demandant de renvoyer l’affaire devant la CJUE pour trancher les deux questions suivantes :

Dans sa décision du 21 juin 2023, le Conseil d’État n’a retenu que la première question concernant le principe de minimisation et a décidé en conséquence de renvoyer l’affaire devant la CJUE dans les termes suivants :

« La question de savoir s’il peut être tenu compte, pour apprécier le caractère adéquat, pertinent et limité à ce qui est nécessaire de la collecte de données au sens des dispositions du c) du paragraphe 1 de l’article 5 du RGPD et la nécessité de leur traitement au sens des b) et f) du paragraphe 1 de l’article 6 du RGPD, des usages couramment admis en matière de communications civiles, commerciales et administratives, de sorte que la collecte des données relatives aux civilités des clients, limitée aux mentions « Monsieur » ou « Madame », pourrait être regardée comme licite, sans qu’y fasse obstacle le principe de minimisation des données, soulève une difficulté d’interprétation du droit de l’Union européenne, déterminante pour la solution du litige que doit trancher le Conseil d’État. Il en est de même quant à la question de savoir si, pour apprécier la nécessité de la collecte obligatoire et du traitement des données relatives à la civilité des clients, et alors que certains clients estiment qu’ils ne relèvent d’aucune des deux civilités et que le recueil de cette donnée n’est pas pertinent en ce qui les concerne, il y a lieu de tenir compte de ce que ceux-ci pourraient, après avoir fourni cette donnée au responsable de traitement en vue de bénéficier du service proposé, exercer leur droit d’opposition à son utilisation et à sa conservation en faisant valoir leur situation particulière, en application de l’article 21 du RGPD. »

Cette décision du Conseil d’État est déjà une victoire importante, car elle reconnait que les minorités de genre se trouvent dans une « situation particulière » vis-à-vis des formulaires imposant de cocher les cases « M. » ou « Mme ».

Décision historique de la CJUE pour les minorités sexuelles et de genre

Dans sa décision rendue ce jeudi 9 janvier 2025, la CJUE a retenu les arguments de Mousse visant à interdire à l’éditeur d’un service numérique de collecter l’identité de genre des personnes, dès lors que cette donnée personnelle n’est pas nécessaire à la fourniture du service. La CJUE retient en effet que « les usages en matière communications civiles, commerciales et administratives », invoqués par la SNCF, ne permettent pas de justifier une collecte des données relatives l’identité de genre.

Cette décision constitue d’abord une défaite pour la SNCF, la CNIL et pour le Gouvernement français, qui était intervenu dans cette affaire au soutien de la SNCF. Mais elle implique surtout des conséquences pratiques très importantes, qui pourraient aboutir à la reconnaissance du sexe neutre et du mariage homosexuel dans les 27 États de l’Union européenne.

Conséquences de la décision : de la modification des formulaires à la reconnaissance du sexe neutre et du mariage homosexuel dans l’Union européenne

La décision de la CJUE ne concerne pas uniquement les formulaires en ligne de la SNCF. L’arrêt rendu constitue une interprétation du Règlement général sur la protection des données. Cette décision s’incorpore donc au droit européen. Elle est directement applicable dans les 27 États membres de l’Union européenne. Les citoyens européens peuvent l’invoquer devant les tribunaux. Tous les organismes, publics et privés, doivent la respecter.

Concrètement, cette décision produit des effets directs, mais ouvre également la voie à des effets indirects, porteurs d’avancées majeures pour les droits des personnes LGBT+ dans l’Union européenne.

Interdiction de la collecte des données d’identité de genre

La décision implique que la SNCF devra modifier ses formulaires en ligne, afin de ne plus rendre obligatoire le fait de cocher la case « M. » ou la case « Mme » au moment de l’achat d’un billet de train. Mais cette obligation s’étend bien plus largement à tous les organismes publics et privés de l’Union européenne. Comme le relève elle-même la CNIL dans son argumentaire adressé à la CJUE : « Si le traitement de la civilité devait être interdit ou soumis au choix des personnes concernées, il serait nécessaire d’écarter toute mention de « Mme », « Madame », « M. », « Monsieur », « M » ou « F » de l’intégralité des documents de la vie courante, pour n’en citer que quelques-uns : les plaintes pénales, les signalements de police, les procès-verbaux de police ou gendarmerie, les ordonnances médicales, les titres de séjour, les passeports, etc. Un tel changement des usages courants ne devrait être fait que par la voie législative. »

Les entreprises et les administrations des 27 États de l’Union européenne devront donc changer leurs formulaires. Mousse a d’ores et déjà identifié de nombreux formulaires illicites dans l’administration française, tels que : le formulaire de contact du site web du ministère de la Justice, le formulaire de dépôt de plainte du ministère de l’Intérieur, le formulaire de déclaration préalable à l’embauche de l’Urssaf… et le formulaire de dépôt de plainte de la CNIL ! Un travail immense est donc à réaliser pour modifier les formulaires existants et contraindre les organismes récalcitrants à ne plus collecter de manière illicite les données relatives à l’identité de genre. Afin de faciliter ce travail, Deshoulières Avocats met à disposition un modèle de plainte pour saisir la CNIL en cas de collecte illicite de données relative à l’identité de genre.

Il est important de préciser que la décision de la CJUE n’a pas pour effet d’interdire toute collecte des données relatives à l’identité de genre. D’une part, si les personnes souhaitent renseigner la case « M. » ou la case « Mme », alors que cette case est facultative, la collecte de cette donnée est licite. D’autre part, dans certains cas, la collecte d’informations relatives à l’identité de genre peut se révéler justifier, par exemple pour des hébergements d’urgence, pour respecter les règles en matière parité homme/femme ou pour bénéficier de soins de santé spécialisés.

Sexe neutre à l’état civil dans les 27 États de l’Union européenne

Le RGPD s’applique aussi bien au secteur public qu’au secteur privé. Tous les services publics sont donc soumis au RGPD. Ainsi, les principes de minimisation et d’exactitude exposés plus haut sont applicables aux registres de l’état civil. Or, les mêmes arguments sont valables dans ce domaine :

Mousse va saisir dans les prochaines semaines la CNIL de cette question, avec pour objectif de porter l’affaire devant la CJUE dans le cadre d’un renvoi préjudiciel. Si le recours aboutit favorable, toute personne pourra demander à supprimer tout marqueur de genre des actes de l’état civil (actes de naissance, actes de mariage) et des documents d’identité (cartes d’identité, passeports, permis de conduire) dans les 27 Etats de l’Union européenne (soit dans 23 nouveau pays).

Mariage homosexuel dans les 27 États de l’Union européenne

Le mariage est un droit fondamental reconnu par l’article 12 de la Convention européenne des droits de l’homme et par l’article 9 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Ce droit doit pouvoir bénéficier à toute personne, même celles n’ayant pas de marqueur de genre sur leur acte de naissance ou encore les personnes ne souhaitant pas que leurs données relatives à l’identité de genre fassent l’objet d’un traitement à l’occasion de la célébration d’un mariage.

Dès lors qu’il devient possible de se marier sans considération du genre, toute personne devrait en principe pouvoir se marier avec toute autre, y compris une personne de même genre. Cependant, la consécration du sexe neutre à l’état civil, bien qu’elle ouvre une porte juridique importante, n’entraînera pas automatiquement la reconnaissance du mariage homosexuel dans tous les États membres de l’Union européenne. Il faudra mener une bataille juridique complexe, d’abord au niveau européen, puis dans chacun des 12 pays concernés – Bulgarie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Italie, Chypre, Croatie, Hongrie, République tchèque – où des résistances politiques, culturelles ou juridiques persistent.

Sur le plan théorique, la décision de CJUE opère un renversement important dans les relations entre l’État et les citoyens. Auparavant, l’État était propriétaire des données de l’état civil et leur interdisait de modifier ces données, sauf circonstances exceptionnelles. Désormais, chaque citoyen est propriétaire de ses données personnelles et autorise l’État à les traiter dans les limites tracées par le RGPD, et notamment le principe de minimisation et le principe d’exactitude.

L’absence de mention de sexe à l’état civil ouvre la possibilité de penser un sujet de droit non genré, alors que le genre était un marqueur constitutif de l’identité civil depuis la Révolution française, marqueur sur lequel reposaient de nombreuses discriminations, contre les femmes d’abord, puis plus largement contre toutes les minorités sexuelles et de genre. La possibilité de demander la suppression de la mention de genre à l’état civil permettrait notamment de disposer de papier en conformité avec leur genre pour les personnes non binaires et intersexes, d’exiger l’égalité en matière de PMA pour les lesbiennes, de bénéficier d’un égal accès à l’adoption pour personnes homosexuelles et transgenres…

La distinction binaire des genres en droit constitue la clé de voute du système de discrimination contre les minorités sexuelles et de genre. Si cette binarité juridique n’existe plus, alors que c’est un ensemble très important de discriminations légales qui disparaît. Il s’agirait de l’aboutissement de décennies de lutte pour la reconnaissance des droits des personnes LGBT+.

CONTACT PRESSE :

Étienne Deshoulières, avocat au barreau de Paris

www.deshoulieres-avocats.com  – +33177628203

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RESSOURCES :

Retrouvez le communiqué de presse sur le site de Deshoulières Avocats

Communiqué de presse – Paris, le 18/12/2024

Les associations Mousse, Familles LGBT et Stop Homophobie déposent plainte aujourd’hui contre la direction de l’Enseignement Catholique de Bayeux, établissement scolaire catholique composé de 3 écoles, d’un collège et d’un lycée.

Rupture abusive d’un contrat par l’Enseignement Catholique de Bayeux pour un motif homophobe

Une auto-entrepreneure, chargée de communication et de projets, s’est vu confier une mission par l’Enseignement Catholique de Bayeux début 2024. Ayant été satisfait de sa prestation, l’Enseignement Catholique de Bayeux lui a confié une seconde mission qui devait débuter au mois de mai 2024 et s’achever au mois de juillet 2024. 

Cependant, en avril 2024, la présidente de l’Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique lui a indiqué qu’en raison de la pression des familles de Bayeux, il était mis fin à son contrat. La présidente précisait que cette pression provenait du visionnage de vidéos, sans aucun lien avec l’objet du contrat, qui mettaient en évidence la bissexualité de l’auto-entrepreneure. 

Le 6 mai 2024, par courriel, il était officiellement mis fin à sa mission. Au sein de ce courriel, il était précisé que « certains membres de l’organisme de gestion, pour des raisons qui ne sont pas liées à vos compétences et à votre investissement, ont fait le choix de mettre fin à votre collaboration dans l’accompagnement à la communication de la restructuration de l’enseignement catholique de Bayeux ». 

Aussi, seuls des motifs discriminants liés à son orientation sexuelle étaient à l’origine de cette décision. Cette rupture brutale, quelques jours seulement avant la date effective du début de sa mission, a privé l’auto-entrepreneur d’activités et de ressources, créant un préjudice financier et moral majeur. 

Plainte pour discrimination LGBTphobe

Les associations Mousse, Familles LGBT et Stop Homophobie déposent aujourd’hui une plainte contre l’Enseignement Catholique de Bayeux pour discrimination en raison de l’orientation sexuelle. 

Les associations considèrent que la rupture abusive du contrat a été motivée par une discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, acte réprimé par les articles 225-1 et 225-2 du code pénal. La rupture brutale de ce contrat a conduit au refus de la fourniture d’un service mais également à une entrave à l’activité économique. 

Pour Etienne Deshoulières, avocat des associations : « Le droit pénal réprime toutes les discriminations LGBTphobes, même celles commises au sein des écoles catholique ». 

Contact presse :
Étienne Deshoulières – Avocat au barreau de Paris
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Communiqué de presse – Paris, le 12/12/2024

Cinq associations de défense des droits LGBT+ – Stop Homophobie, Mousse, Adheos, Familles LGBT et Adefho – ont déposé ce jeudi 12 décembre une plainte contre le chanteur camerounais Snoopy la Mélodie et son producteur, Gouvernement Prod., pour incitation à la haine et injures homophobes. Cette action s’inscrit dans un contexte préoccupant de recrudescence des violences LGBTphobes, notamment au Cameroun, pays d’origine des auteurs présumés.

Une chanson aux paroles explicites accessible en France

Le titre controversé, Les nerfs des boys, publié le 11 octobre 2024, comporte des paroles explicites telles que « Poignardez, poignardez les pédés » ou encore « Nous, on déteste les pédés ». Ce morceau, diffusé sans restriction sur des plateformes comme Spotify, Deezer, YouTube, TikTok et Apple Music, reste librement accessible en France.

Selon les associations, cette chanson dépasse le cadre de la liberté d’expression en incitant ouvertement à la violence contre les personnes homosexuelles. Des t-shirts portant le slogan « Poignardez les pédés », illustrés d’un couteau ensanglanté, ont également été diffusés.

Une situation alarmante au Cameroun

Cette affaire reflète une montée inquiétante de l’homophobie au Cameroun, où l’homosexualité est punie par la loi et où des actes de violence ciblant les minorités sexuelles sont régulièrement dénoncés. Des organisations internationales comme Amnesty International et Human Rights Watch documentent des cas de détentions arbitraires, de tortures et de lynchages.

Alice Nkom, avocate camerounaise et présidente de l’association Adefho, alerte sur la gravité de la situation : « Une chanson qui appelle à tuer les homosexuels circule librement. Pendant ce temps, des citoyens sont agressés quotidiennement, et l’État reste passif. »

Une plainte déposée en France

La plainte, déposée devant le Tribunal correctionnel de Paris, vise les délits d’injures publiques et de provocation à la haine ou à la violence, prévus par la loi française sur la liberté de la presse. Me Étienne Deshoulières, avocat des plaignants, souligne l’importance de cette procédure : « Ces propos ont des conséquences réelles, aggravant les violences contre les personnes LGBT+, notamment dans des contextes déjà fragiles comme celui du Cameroun, où des lynchages de gays et de trans ont été rapportés aux associations suite à la diffusion de la chanson ‘ »Poignardez les pédés« .

Les associations demandent le retrait immédiat de la chanson des plateformes et des mesures exemplaires pour condamner de tels discours. Cette plainte marque une nouvelle étape dans leur engagement à lutter contre les discours de haine, où qu’ils se manifestent.

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Communiqué de presse – Paris, le 12/11/2024

Bassem Braiki et plusieurs militants d’extrême droite seront jugés le 13 novembre 2024 à 13h30 devant le Tribunal correctionnel de Paris pour injures et incitations à la haine homophobe, à la suite de la plainte portée par Bilal Hassani et plusieurs associations LGBT. Ces propos avaient conduit à l’annulation du concert de Bilal Hassani dans une ancienne église désacralisée à Metz.

Des propos d’une extrême violence ayant conduit à l’annulation du concert de Bilal Hassani

Le 5 avril 2023, Bilal Hassani devait tenir un concert dans une ancienne Eglise désacralisée à Metz. Cependant, face à des menaces d’intégristes et de militants d’extrême droite, ce dernier a été contraint d’annuler son spectacle. Ces militants évoquaient l’idée de commettre un attentat contre le chanteur et son public et ont utilisé des propos d’une violence extrême : « il faut les brûler », « il faut vous massacrer », « le feu y’a que ça de vrai », « Comment ne pas imaginer ce dégénéré ne pas se faire lapider sur la terre de ses ancêtres ? ».

Audience de plaidoirie le 13 novembre 2024 devant la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal correctionnel de Paris

Saisi du dossier, le procureur a poursuivi cinq personnes, dont Bassem Braiki, pour injure publique homophobe et incitation publique homophobe. Celles-ci sont convoquées le 13 novembre 2024 à 13h30 à une audience qui se tiendra devant le Tribunal correctionnel de Paris, à la 17ème chambre correctionnelle, pour répondre de leurs actes.

Les associations Stop Homophobie, Mousse, Couleurs Gaies, Familles LGBT, Adheos et Sos Homophobie se joignent à Bilal Hassani et se constituent parties civiles sur la base des articles 24 et 33 de la loi du 29 juillet 1881, réprimant l’appel à la haine et les injures publiques homophobes. Les peines pour ces deux délits sont d’un an d’emprisonnement et de 45.000€ d’amende.

Selon Me Etienne Deshoulières, avocat de plusieurs associations LGBT, « cette affaire souligne l’ampleur du contexte homophobe en France et la gravité que peuvent engendrer des propos homophobes. Bilal Hassani a été contraint d’annuler son concert, par crainte qu’un attentat soit commis, uniquement en raison de son orientation sexuelle et de son identité de genre. Il est indispensable de poursuivre la lutte contre de tels actes« .

Contact presse :
Étienne Deshoulières – Avocat au barreau de Paris
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Tribune – Paris, le 08/10/2024

Pour un ensemble d’associations LGBT+, les récents propos du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui réitère son opposition au mariage pour tous·tes et remet en question l’intangibilité de l’État de droit, sont inacceptables. « Un ministre de l’Intérieur, chargé de veiller au respect des lois, ne peut remettre en cause les droits des minorités et le respect de l’Etat : il doit en être l’un des premiers garants, dans l’intérêt de tous·tes.»

Les récents propos du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui réitère son opposition au mariage pour tous·tes et remet en question l’intangibilité de l’État de droit, sont inacceptables. Nous, associations LGBT+ françaises, affirmons que les droits des personnes LGBT+ et de toutes les minorités sont des droits fondamentaux en démocratie, assurés par la soumission de l’État aux règles de droit.

L’intangibilité de l’État de droits implique le respect par la France des conventions internationales, et en particulier de la Convention européenne des droits de l’homme, qui constitue le socle sur lequel les droits des personnes LGBT+ se sont construits en Europe. La dépénalisation de l’homosexualité, la reconnaissance des couples de même sexe, le droit de changer la mention de sexe à l’état civil ou encore la protection contre les discriminations dans l’emploi, les services et le logement en sont des exemples concrets, rendus effectifs grâce à cette intangibilité. 

Au niveau national, le mariage pour tous·tes représente une avancée décisive vers l’égalité, indépendamment du genre ou de l’orientation sexuelle. Remettre en cause ce droit, c’est nier des décennies de lutte pour les droits des personnes LGBT+. L’intangibilité de l’État de droit est notre protection contre toute forme de discrimination et d’abus de pouvoir. La remettre en cause serait une grave atteinte à la démocratie et une menace contre nos droits durement obtenus.

L’État de droit, en tant que garant de nos libertés, ne peut être modulé selon les intérêts politiques du moment. Ce que nous attendons d’un ministre de l’Intérieur, c’est une fermeté sans concession face à ceux qui pensent être au-dessus des lois de la République et une politique énergique pour poursuivre et sanctionner toutes les discriminations. Un ministre de l’Intérieur, chargé de veiller au respect des lois, ne peut remettre en cause les droits des minorités et le respect de l’État de droit. Il doit en être l’un des premiers garants, dans l’intérêt de tous·tes.

Au lieu de cela, Bruno Retailleau s’égare dans une remise en question de l’État de droit, incompatible avec ses fonctions. Ses propos ayant été désavoué par le Premier ministre, nous appelons collectivement à sa démission.

Signataires :

Associations LGBT+ :

– Stop Homophobie

– Inter-LGBT

– Fédération LGBTI+

– Mousse

– Familles LGBT

– Association pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité

– Progressistes LGBT+

– Centr’Egaux

– Adheos

– OutTrans

– Sports LGBT

– Shams

– Rien à Guérir

– HES

– Rouge Direct

– Urgence Homophobie

– Shams france

– Exaequo Reims

– ARC ESSENTIEL

– Fiertés Rurales

– MAG Jeunes LGBT+

– Le cercle du marais

– ASMF

– Education LGBT

– Quazar, Centre LGBTI+ d’Angers et du Maine-et-Loire

– Centre LGBT du Poitou

– Centre LGBT+ 66

Personnalités LGBT+

– Etienne Deshoulières

– Caroline Mecary

– Pacôme Rupin

– Olivia Ciappa

– Hans-Arend van Helden

– Cyril Cibert