Plainte pénale contre des grévistes de la CGT RATP pour injures homophobes

 

Communiqué de presse - Paris, 10/01/2020

Suite aux propos homophobes proférées par des grévistes de la CGT RATP, les associations Mousse et Stop Homophobie portent plainte aujourd’hui pour injures à raison de l'orientation sexuelle.

 

Le 11 décembre 2019, des grévistes de la CGT RATP ont pris à partie un chauffeur de bus non-grévistes. Ils l’ont alors accablé d’insultes homophobes en criant : « On n’aime pas les suceurs de bites, les gros suceurs de bites ! », « Sales pédés ! Enculés ! ».

Il s’agit là d'une nouvelle démonstration de l’homophobie ordinaire et de l'omniprésence de l'homonégativité dans le langage courant. Quand bien même les grévistes de la RATP ne visaient pas à blesser les homosexuels, de telles insultes rabaissent et stigmatisent des personnes à raison de leur orientation sexuelle. 

Les insultes homophobes interpellent les homosexuels qui se perçoivent eux-mêmes, dans la honte, au travers de ces catégories de perception. Comme le dit si bien Didier Eribon, « l’insulte homophobe constitue la partie visible de l’interpellation plus profonde que les structures sociales, mentales et sexuelles préexistantes ont déjà opérée sur moi » (Didier ERIBON, Réflexion sur la question gay, 1999).

Si les insultes homophobes blessent les homosexuels, qu'ils en soient ou non la cible, c’est parce qu’ils se perçoivent eux-mêmes au travers des catégories de pensées véhiculées par le langage. Les insultes nous touchent, car nous sommes, comme le dit Judith Butler, « des êtres de langage, des êtres qui ont besoin du langage pour être » (Judith BUTLER, Le pouvoir des mots. Politique du performatif, traduit de l’anglais par Charlotte Nordmann (Excitable Speech: A Politics of the Performative. New York: Routledge, 1997), Paris : éditions Amsterdam, 287 p., p. 214).

Pour Me Etienne Deshoulières, avocat des associations, « les injures homophobes sont pénalement répréhensibles, quand bien même le message ne vise individuellement une personne homosexuelle. L’infraction est constituée dès lors que le contenu du propos est insultant pour les homosexuels en général ». 

 

Contact presse :

Etienne Deshoulières - Avocat au barreau de Paris

Tél. : 0177628203 - www.deshoulieres-avocats.com


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