Plainte pour discrimination transphobe contre un livreur Ubereats

Communiqué de presse – Paris, 19 novembre 2021
Mousse et Stop Homophobie portent plainte contre X à la suite d’une discrimination transphobe commise par un livreur Ubereats.

La vidéo a circulé sur les réseaux sociaux à partir du 10 novembre 2021. La scène a lieu lors d’une soirée totalement banale pendant laquelle la victime commande un repas via l’application Ubereats.

Lorsque la cliente de 22 ans arrive pour récupérer sa commande en bas de l’immeuble, le livreur tente d’abord de la draguer puis s’approche d’elle. Il lui demande si ce sont ses vrais cheveux puis répète « mais t’es un mec ? Mais t’es un mec ! » avant de jeter la commande au sol, de l’écraser et de cracher dessus. Il part ensuite, laissant la victime abasourdie devant son repas piétiné.

Longtemps, l’entreprise Ubereats s’est vu reprocher par les associations LGBT+ le manque d’accompagnement de ses client-e-s victimes d’agressions par ses livreurs. Cette fois, l’entreprise a réagi fermement en identifiant le livreur et en mettant fin au contrat avec ce dernier. Ayant un partenariat avec l’association Stop Homophobie, l’entreprise a ainsi aiguillé la victime vers elle pour le soutien psychologique ainsi que vers une avocate, Maître Karen Noblinski. Toutes deux ont salué la réactivité de l’entreprise Ubereats suite à cette discrimination transphobe.

Si la victime n’a pas souhaité porter plainte, Stop homophobie et Mousse portent aujourd’hui plainte devant le procureur de la République de Paris pour discrimination à raison de l’identité de genre. Pour les associations, la discrimination transphobe du livreur doit être sanctionnée afin que plus aucune personne transgenre ne subisse ces remarques déplacées.

La DILCRAH (https://www.dilcrah.fr/plan-national-dactions-pour-legalite-contre-la-haine-et-les-discriminations-anti-lgbt-2020-2023/#toggle-id-1) rappelle ces chiffres concernant les actes LGBTphobes en France :

→ 1 870 victimes d’actes homophobes ou transphobes déclarées par le ministère de l’Intérieur en 2019
→ 1 899 actes LGBTphobes signalés à SOS homophobie en 2019, dont 237 cas d’agressions physiques
→ 55 % des personnes LGBT+ ont subi des actes antiLGBT+ au cours de leur vie, 12 % dans les douze derniers mois (enquête IFOP pour la Fondation Jasmin Roy, en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès et la DILCRAH, 2019)
→ 14 % des personnes LGBT+ ont subi une agression physique et/ou sexuelle ces cinq dernières années en raison de leur orientation sexuelle et/ou identité de genre (FRA, 2020). Ce chiffre s’élève à 22 % pour les personnes trans et intersexes.

Contact presse :
Etienne Deshoulières – Avocat au barreau de Paris
www.deshoulieres-avocats.com – 0177628203