Communiqué de presse. Avignon, le 1er juin 2026.
Du 1er au 8 juin 2026, la cour d’assises du Vaucluse jugera plusieurs accusés poursuivis après la mort d’un homme homosexuel, victime d’un guet-apens organisé sur un site de rencontres. Si l’orientation sexuelle de la victime apparaît au cœur du mode opératoire retenu par les auteurs, la circonstance aggravante d’homophobie n’a pas été retenue au stade de l’instruction. Les associations Mousse, Stop Homophobie et Familles LGBT, constituées parties civiles, demanderont à la Cour de reconnaître que les faits ont été commis en raison de l’orientation sexuelle de la victime et de retenir en conséquence la circonstance aggravante d’homophobie.
Une victime homosexuelle tuée par ses agresseurs
Le procès se tiendra devant la cour d’assises du Vaucluse, à Avignon, du 1er au 8 juin 2026. Plusieurs accusés seront jugés pour des faits liés à la mort d’un homme homosexuel, survenue à Sorgues, près d’Avignon, dans la nuit du 5 au 6 mars 2023.
D’après les éléments de l’enquête rapportés par la presse, la victime aurait été contactée par l’intermédiaire d’un site de rencontre. Les mis en cause se seraient ensuite rendus à son domicile dans le but de voler la victime, retrouvée morte dans son appartement. Des objets lui appartenant avaient disparu.
Une série de guets-apens homophobe
Les enquêteurs ont également rapproché ces faits d’autres agressions commises selon un mode opératoire similaire : prise de contact avec des hommes homosexuels par l’intermédiaire d’un site de rencontre, organisation d’un rendez-vous, violences, vols ou extorsions. Ces éléments ne décrivent pas un simple vol qui aurait mal tourné. Ils décrivent une méthode : cibler des hommes homosexuels, utiliser leur orientation sexuelle pour les approcher, exploiter leur isolement supposé ou leur peur de porter plainte, puis les agresser.
Ce mécanisme est au cœur des guets-apens homophobes. Il repose sur l’idée que les hommes homosexuels seraient des cibles plus faciles : parce qu’ils pourraient craindre d’être « outing », parce qu’ils pourraient hésiter à saisir la police, parce qu’ils pourraient être isolés, ou parce que leurs agresseurs pensent pouvoir exploiter leur vie intime contre eux.
Comme l’explique Etienne Deshoulières, avocat des associations parties civiles : « La victime serait encore en vie si elle avait été hétérosexuelle. L’homophobie des auteurs ne fait aucun doute. Ce procès doit permettre de sanctionner les auteurs des faits. Il doit aussi être l’occasion d’une prise de conscience des violences contre les homosexuels. Si le procès ne nomme pas l’homophobie, il manquera une partie essentielle de sa mission. On ne peut pas comprendre ce qui s’est passé si l’on refuse de voir que la victime a été visée parce qu’elle était homosexuelle.»
L’homophobie au cœur des faits, mais absente des poursuites
Mousse dénonce le fait que le procureur et la juge d’instruction n’est pas retenue la circonstance aggravante d’homophobie dans cette affaire. En droit français, l’article 132-77 du code pénal prévoit qu’un crime ou un délit est aggravé lorsqu’il est commis en raison de l’orientation sexuelle, vraie ou supposée, de la victime. Cette circonstance aggravante n’exige pas de caractériser que les agresseurs était animé par une haine homophobe. Il suffit de démontrer que la victime a été visée parce qu’elle était homosexuelle ou que des insultes homophobes ont été tenues par les agresseurs, ce qui est bien le cas dans la présente affaire.
Comme l’explique Etienne Deshoulières, avocat des associations parties civiles : « La victime serait encore en vie si elle avait été hétérosexuelle. L’homophobie des auteurs ne fait aucun doute. Ce procès doit permettre de sanctionner les auteurs des faits. Il doit aussi être l’occasion d’une prise de conscience des violences contre les homosexuels. Si le procès ne nomme pas l’homophobie, il manquera une partie essentielle de sa mission. On ne peut pas comprendre ce qui s’est passé si l’on refuse de voir que la victime a été visée parce qu’elle était homosexuelle.»
Les guets-apens homophobes ne sont pas des faits divers. Selon les chiffres de la DILCRAH, il s’en produirait un tous les quatre jours en France. Il s’agit d’un phénomène social. Comme pour les violences faites aux femmes, chaque affaire individuelle révèle une réalité plus large : des mécanismes de domination, de ciblage et de violence qui touchent des personnes en raison de leur genre ou de leur orientation sexuelle.
Pour Mousse, le procès d’Avignon doit permettre cette prise de conscience. Il doit rappeler que l’homophobie tue. Il doit aussi rappeler que la justice ne peut pas réparer pleinement lorsqu’elle refuse de nommer le mobile discriminatoire des violences.
Contact presse :
Etienne Deshoulières – Avocat au barreau de Paris
www.deshoulieres-avocats.com – 0177628203
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