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Le Salon Beige et Guy Pagès condamnés pour injures homophobes par la Cour de cassation

Communiqué de presse – Paris, le 10 juin 2026

La Cour de cassation a condamné Guy Pagès et Le Salon Beige pour injures homophobes en raison de propos assimilant les homosexuels à des animaux et des pervers. L’abbé catholique et le journal d’extrême droite avaient été relaxés par la Cour d’appel de Paris, qui avait refusé de condamner des propos relevant de la « doctrine de l’Église catholique ».

« L’homosexualité déshumanise, abêtit, rend indigne de la vie éternelle ! »

Dans un article intitulé « L’homosexualité, ses raisons », publié le 2 août 2022 sur le site lesalonbeige.fr en réponse à une vidéo de l’humoriste Max Bird, l’abbé Guy Pagès tenait notamment les propos suivants : « Voilà donc la libération à laquelle l’idéologie LGBT convie l’humanité : à se conduire comme des bêtes (…) l’homosexualité déshumanise, abêtit, rend indigne de la vie éternelle ! » ; « Si les homosexuels n’ont pas le choix de n’être pas homosexuels parce que c’est inscrit dans leur nature, pourquoi les pédocriminels, les incestueux, et tous les autres pervers ne pourraient-ils pas en dire autant ? » 

Une condamnation en première instance infirmée en appel

Cette publication a conduit l’association Mousse à déposer plainte le 24 avril 2023 pour injure publique à raison de l’orientation sexuelle. Le 21 décembre 2023, la 17ᵉ chambre du Tribunal judiciaire de Paris avait condamné Guillaume Jourdain de Thieulloy coupable, en qualité de directeur de la publication, du délit d’injure publique envers un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle, et l’abbé Guy Pagès coupable de complicité de ce délit, en qualité d’auteur des propos.

Toutefois, un arrêt du 19 décembre 2024 rendu la Cour d’appel de Paris, a infirmé ce jugement et relaxé les deux prévenus. Les juges du fond ont estimé que les propos s’inscrivaient dans un débat d’intérêt général portant sur l’homosexualité et la position de l’Église catholique à son égard, que le prévenu ne visait « nullement les homosexuels dans leur ensemble, mais l’homosexualité », et que ses déclarations s’inscrivaient dans la ligne de la doctrine catholique.

Pourvoi en cassation des associations LGBT

A l’issue d’un pourvoi formé par les associations STOP Homophobie, Mousse et Quazar, en qualité de parties civiles, la Cour de cassation a intégralement censuré la position de la Cour d’appel. Contrairement à ce qu’a pu soutenir la Cour d’appel, la Cour de cassation juge que les propos poursuivis « ne se limitent pas à une critique de l’explication de l’homosexualité proposée par le vidéaste et à l’exposé de ce que serait, selon leur auteur, la doctrine de l’Église catholique, mais visent les personnes homosexuelles elles-mêmes » Elle retient que de tels propos, « qui revêtent un caractère outrageant et méprisant à l’égard de ces personnes en ce qu’ils les déshumanisent et les qualifient notamment de pervers, dépassent les limites admissibles de la liberté d’expression ». L’affaire est renvoyée devant la Cour d’appel de Paris, autrement composée, qui devra statuer sur la faute civile commise à l’égard des associations. Pour Etienne Deshoulières, avocat des associations, « tous les propos, même ceux relevant de la doctrine de l’Église catholique, sont soumis au droit pénal français, qui sanctionnent les injures homophobes ». Dans une précédente affaire, le Tribunal correctionnel de Paris avait condamné le journal catholique « Parole de Dieu » pour avoir reproduit un extrait de la Bible incitant au meurtre contre les homosexuels.

Contact presse :
Etienne Deshoulières – Avocat au barreau de Paris
www.deshoulieres-avocats.com – 0177628203
contact@deshoulieres-avocats.com