Agression homophobe à Drancy : 3 ans de prison pour les coupables

Communiqué de presse – Paris, le 03/11/2021

Dans l’affaire du guet-apens homophobe de Drancy, les deux agresseurs mineurs ont été condamnés le 20 octobre 2021 à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis pour des faits de violences homophobes en réunion avec usage d’une arme.

Le 5 mars 2019, Kévin a été victime d’un violent guet-apens homophobe à Drancy, alors qu’il pensait se rendre à une rencontre organisée via l’application de rencontres Smax. Ses trois agresseurs l’ont violemment frappé et un coup de couteau dans le ventre lui a été asséné. Cette agression homophobe a entraîné près de 30 jours d’ITT, ainsi qu’un profond traumatisme psychologique.

Ce guet-apens avait été requalifié de violences homophobes en réunion avec usage d’une arme durant l’instruction du dossier. Deux des agresseurs étant mineurs au moment des faits, ils étaient jugés devant le Tribunal pour enfants ce mercredi 20 octobre 2021. La peine encourue était de cinq ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.

Trois ans de prison avec un sursis probatoire de 18 mois

En raison de la violence de l’agression et du caractère homophobe retenu, les agresseurs ont été condamnés à 3 ans d’emprisonnement, dont 18 mois avec sursis probatoire. Étant déjà restés 11 mois en détention provisoire, les prévenus sont partis sous escorte effectuer leur condamnation en maison d’arrêt, avec obligation de suivi d’une formation, obligation de soins quant à leurs pulsions violentes et interdiction de porter une arme.

Une indemnisation reportée

Kévin et les associations Mousse, Stop Homophobie et Adheos ont été déclarées recevables dans leur constitution de partie civile. Toutefois, le Tribunal a renvoyé cette question à l’audience prévue dans le cadre du procès de l’agresseur majeur à l’audience du 13 mai 2022.

Toujours trop d’agressions homophobes

Selon le ministère de l’Intérieur, en 2019, 1870 victimes d’infractions à caractère homophobe ou transphobe ont porté plainte, soit +36% par rapport à 2018. Les victimes des actes anti-LGBT constatés par la police étaient en majorité des hommes (75 %) entre 15 et 34 ans (58 %).

Selon deux sondages réalisés par l’Ifop en 2018 et 2019 pour la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie (Dilcrah) : 55% des LGBT ont déjà été victimes d’un acte LGBTphobe dans leur vie :

– 39% des homosexuel.le.s résidant dans des banlieues populaires ont déjà été agressé.e.s physiquement en raison de leur orientation sexuelle,

– 80% des LGBT agressé.e.s physiquement au cours des 12 derniers mois expriment un sentiment de désarroi en lien avec leur orientation sexuelle ou leur identité de genre,

– 60% des LGBT victimes d’une agression physique ont pensé à se suicider.
On constate ainsi que le contexte de discrimination accentue les effets psychologiques des violences physiques. Ces conséquences psychologiques graves sont – malheureusement – également présentes chez Kévin.

Selon Me Etienne Deshoulières, avocat des associations : « La sanction est exemplaire. Elle est justifiée par la gravité des faits. Cependant, la répression ne suffit pas : les actions de sensibilisations des associations sont indispensables pour endiguer les violences physiques dont sont victimes les personnes LGBT

Contact presse :
Etienne Deshoulières – Avocat au barreau de Paris
Tél. : 0177628203 – www.deshoulieres-avocats.com