Binarité des genres : Plainte contre la SNCF devant la Cnil

Communiqué de presse – Paris, 12 janvier 2020.

Mousse, Stop Homophobie et 64 personnes portent plainte aujourd’hui contre la SNCF devant la Commission nationale informatique et liberté (Cnil). Les voyageur.euse.s sont en effet tenus de cocher la case « M. » ou « Mme » lors de l’achat d’un billet de train, les contraignant à se conformer à des stéréotypes de genre dépassés.

De nombreux sites web, d’entreprises ou du gouvernement, obligent les internautes de s’identifier en tant que « M. » ou « Mme ». La binarité de genre s’impose ainsi, dans notre quotidien commercial et administratif, comme une contrainte normale, habituelle, non remise en question, à laquelle chacun.e est censé.e se conformer.

Pourtant, cette contrainte exclut les personnes qui s’identifient comme non binaires, notamment parmi les personnes trans ou intersexes,les « genderfucks », les queers, mais aussi les personnes qui ne souhaitent pas restreindre leur identité à la masculinité et la féminité, celles qui parfois sont des femmes et parfois sont des hommes ou encore celles qui veulent en finir une bonne fois pour toute avec le patriarcat et sa police des genres.

C’est le cas de Vi-Vi, qui ne s’identifie ni comme un homme ni comme une femme, mais un peu comme les deux en même temps. Lorsqu’il-elle a fait la démarche récemment pour acheter sa carte-avantage SNCF, il-elle a dû renseigner une mention de genre qui ne correspond pas à la réalité de son ressenti. C’est également le cas de Julia et de Maxime-Margaret, qui suivent actuellement un parcours de changement de sexe et de genre. Pourquoi les contraindre à indiquer un genre qui ne correspond pas à leur cheminement personnel ?

Lors d’une opération médicale, on comprend que le médecin puisse recueillir certaines informations intimes, notamment biologiques. Mais lorsqu’il s’agit d’acheter un billet de train, on comprend mal pourquoi la SNCF a besoin de connaître le genre d’une personne qui va poser son fessier sur un siège ? Le prénom, le nom et la date de naissance sont amplement suffisants pour identifier la personne.

Réduire les champs des possibles à une alternative binaire, c’est enfermer les voyageur·euse·sdans des stéréotypes de genre, c’est nier la diversité des personnes LGBTQI+ !

Pour Me Étienne Deshoulières, avocat des associations, « la plainte de Mousse et de Stop Homophobie s’appuie sur le Règlement général sur la protection des données. Elle vise symboliquement à dénoncer l’obligation de se conformer aux stéréotypes de genre lors d’un acte aussi banal que l’achat d’un billet de train sur internet. »

Aux Pays-Bas, c’est près de 4% de la population qui ne s’identifie ni en tant qu’homme ni en tant que femme. D’autres pays ont officiellement reconnu le genre neutre, comme l’Australie, l’Argentine, le Canada, le Danemark, l’Inde, Malte, le Népal, la Nouvelle-Zélande et le Pakistan. Il est temps que la France tourne la page de la binarité des genres. En France, une étude récente réalisée par OpinonWay pour le journal 20 Minutes indique que 36% des jeunes de 15 à 30 ans s’identifieraient comme non-binaires.

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