Plainte contre Le Salon Beige pour incitation à la pratique des thérapies de conversion

Communiqué de presse – Paris, 17/12/2021

Mousse et Stop Homophobie portent plainte aujourd’hui contre Le Salon Beige pour incitation à la violence LGBTphobe. Le site internet catholique incite en effet dans un article récent à pratiquer des thérapies de conversion sur les « personnes inverties » pour qu’elle retrouve « un comportement normal ».

Incitation à la pratique des thérapies de conversion

Depuis 2005, le site LeSalonBeige.fr a publié quelques 2044 articles concernant les personnes LGBT. Ces articles sont systématiquement hostiles aux personnes LGBT et à l’avancer de leurs droits.

Le 14 septembre 2021, Le Salon Beige a publié un article intitulé « Il est interdit de quitter la secte LGBT ». Dans celui-ci, les personnes LGBT sont qualifiées de « personnes inverties » faisant partie d’une « secte » et ayant des « tendances contre-nature » qui devraient être « maitrisées » afin que ces personnes « retrouvent un comportement normal ».

Ces propos incitent à la pratique des thérapies de conversion et sont ainsi condamnables au titre de l’incitation à la violence en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre.  

Les thérapies de conversion assimilées à des actes de torture par l’Onu

Une étude de 2019 basée sur un panel de 28 000 personnes (1) a révélé que les thérapies de conversion présentent de graves risques pour les personnes en étant victime. Un de leurs effets est de pousser au suicide une partie de ceux qui les subissent.

Selon un rapport de 2020 de l’Onu sur les pratiques de thérapie de conversion (2), ces thérapies sont assimilables à des actes de torture :

« Les méthodes et les moyens habituellement employés dans le cadre des « thérapies de conversion » sont de nature à causer des souffrances psychologiques et physiques. Au nombre des ravages que produisent les « thérapies de conversion » sur les personnes figurent une perte considérable de l’estime de soi, de l’anxiété, un état dépressif, un isolement social, des problèmes relationnels, une haine de soi, de la honte, de la culpabilité, un dysfonctionnement sexuel, des idées suicidaires et tentatives de suicide, et des symptômes de troubles post-traumatiques. […] Ces pratiques vont également à l’encontre de l’interdiction de la torture et des mauvais traitements. »

Ce rapport de l’Onu préconise en conséquence de « prendre des mesures urgentes afin de protéger les enfants et les jeunes contre les « thérapies de conversion ».

Un mouvement international d’interdiction des thérapies de conversion

Depuis 1999, les états et pays suivants ont décidé d’interdire les thérapies de conversion au moyen d’incrimination spécifique : le Brésil, le Samoa, l’Argentine, les îles Fidji, l’Équateur, la Chine, Malte, la communauté de Madrid, Victoria, le Nouveau-Mexique, l’Uruguay, l’Andalousie, la Nouvelle-Écosse, l’Allemagne, l’Albanie et l’Inde. Aux États-Unis, les états du New Jersey, de la Californie, Washington D.C., l’Oregon, le Manitoba, l’Ontario, l’Illinois, le Vermont, la Murcie, le Connecticut, Rhode Island, le Nevada, Hawaï, Maryland, New Hampshire, le Massachusetts, le Colorado, la Virginie et le Maine.

En France, il existe aujourd’hui un consensus en faveur de l’interdiction des thérapies de conversion. En première lecture, les députés français ont adopté la loi incriminant les thérapies de conversion à l’unanimité et les sénateurs français ont voté mardi 7 décembre 2021 pour l’adoption du texte, à 305 voix contre 28 (3).

Contact presse :

Etienne Deshoulières – Avocat au barreau de Paris

Tél. : 0177628203 – www.deshoulieres-avocats.com

Sources :

(1) Jama Psychiatry, Rapport sur les effets des thérapies de conversion, 11 septembre 2019

(2) Rapport de l’Onu sur les pratiques des thérapies de conversion du 13 juillet 2020

(3) « Le Sénat vote très largement en faveur de l’interdiction des « thérapies de conversion » », Le Monde, 7 décembre 2021 ; « Une pratique « barbare » : vers la fin des thérapies de conversion », Le Point, 8 décembre 2021