Quatre hommes condamnés à Brive-la-gaillarde pour Guet-apens homophobes

Communiqué de presse – Paris, 14/01/2022

Dans l’affaire du guet-apens homophobe de Brive-la-Gaillarde, quatre hommes ont été condamnés le 13 janvier 2021 suite à la publication de plusieurs vidéos d’agressions homophobes.

Entre décembre 2017 et septembre 2018, quatre hommes âgés de 24 à 33 ans avaient participé, à des degrés divers, à la diffusion d’une vingtaine de vidéos d’agressions homophobes à Béziers, Toulouse, Villeneuve-le-Roi et Étampes. Les vidéos étaient diffusés en live sur le réseau social Périscope, aujourd’hui disparu.

Le principe était simple, Sébastien Chabrerie, alias Seb Canular_94, entrait en contact avec des hommes sur un site de rencontre en se faisant passer pour quelqu’un d’autre. Il leur donnait rendez-vous afin de piéger ses victimes, puis lui ou un de ses complices se chargeait de filmer la scène. Objets, urine, javel ou même des excréments étaient fréquemment jetés sur les victimes lors des agressions.

À Toulouse, la spécialité d’un complice était le crachat et les insultes. « Un homme est arrivé casqué, à moto, sur un parking. Il m’a interpellé de manière agressive et crié des insultes. J’ai été extrêmement choqué et je suis aussitôt parti en voiture », expliquait une victime dans une déposition, une des rares à avoir déposé plainte.

Jusqu’où aller pour de l’argent ?

«  Ce n’était pas contre les homosexuels  », a expliqué lors de l’audience Sebastien Chabrerie. Il poursuit « on ciblait des homosexuels refoulés. On se renseignait sur eux. […] On voulait les afficher, les démasquer. Puis on cherchait à faire du buzz. […] Plus on avait de likes, plus on touchait de l’agent  », a expliqué l’initiateur du projet.

Des peines de prison avec sursis

L’agresseur de Béziers a écopé de 10 mois de prisons avec sursis, 12 mois dont 6 avec sursis pour celui de Toulouse et trois mois avec sursis pour le complice de Villeneuve-le-Roi. Quant à Sebastien Chabrerie, il a été condamné à deux ans de prison dont un an ferme aménagé. Il devra suivre un stage de sensibilisation aux violences sexistes et devra également verser avec ses trois complices, 2500 euros à chaque association.

Selon Me Virginie Blanchard, avocate pour la partie civile des associations «  On a des hommes à la mentalité moyenâgeuse, qui avaient dans les mains les outils du XXIe siècle  »

C’est donc une nouvelle victoire pour les associations Stop Homophobie, Mousse et ADHEOS qui luttent quotidiennement pour que les expressions décomplexées de haine homophobes soient condamnées pénalement.

Contact presse :

Etienne Deshoulières – Avocat au barreau de Paris

Tél. : 0177628203 – www.deshoulieres-avocats.com